Le formulaire pour sortir de la collecte de données se trouve ici !
C'est un belge, un allemand et un suisse qui sont dans un avion.
Attends. J'en ai une mieux !
C'est Doctolib, les données personnelles et de santé de tous les français et des générateurs de contenus artificiels qui sont dans un bateau : hé bah, vivement que le bateau coule !
Tu as peut-être raté l'info mais si c'est le cas ne t'inquiète pas, c'est volontaire : Doctolib a profité de la période estivale pour annoncer qu'ils allaient effectuer des "recherches en santé".
Bon, en gros, ce qu'ils appellent de la recherche en santé moi j'appelle ça du développement interne. Oui ils vont travailler avec des organismes de recherche (INRIA, INSERM et université Paris Cité) mais la finalité des deux études qu'ils viennent de lancer, c'est quoi ?
- Etudier comment des
outils d’intelligence artificiellegénérateurs de contenus artificiels peuvent aider à mieux anticiper certains risques à partir de l’historique médical, afin de mieux organiser et coordonner les parcours de soins. - Étudier comment obtenir des mesures fiables du niveau de confiance des modèles génératifs utilisés dans le domaine médical, afin de contribuer à la sécurité des utilisateurs.
Il suffit de consulter la page consacrée à leur laboratoire de recherche en "IA" et la présentation de quelques membres de l'équipe pour se rendre compte que cette putain de collecte massive de données va servir à développer des générateurs de contenus artificiels en interne.
Le simple fait qu'une plateforme comme Doctolib soit gérée par une entreprise privée et pas par un service public, c'est déjà un scandale.
Deuxième scandale, Doctolib s'est passé de l'autorisation des utilisateurs en invoquant l'intérêt légitime du traitement des données. Il s'agit effectivement d'une clause du RGPD mais qu'on soit bien clairs : dans le texte de loi, quand on parle d'intérêt légitime, on se pose la question de savoir si l'exploitation des données est légitime, on n'est pas en train de dire que cette exploitation va présenter un intérêt pour la personne qui vient de se faire plumer (article 6.1.f).
Je ne m'attarderai pas sur la débilité de vouloir déployer des intelligences artificielles générateurs de contenus artificiels dans un domaine sensible : les hallucinations sont inhérentes aux LLM, ça a été démontré mathématiquement il y a déjà plusieurs années et même sur une tâche aussi simple qu'un résumé de texte on est encore à 5% d'hallucinations en moyenne. Pour des questions ouvertes, le taux varie entre 15% et 30% :
D'après la communication de Doctolib, tous les utilisateurs ou presque sont concernés (patients majeurs, utilisateurs des services personnalisés, utilisateurs du Compagnon de santé et leurs proches mineurs). Les données sont collectées via le logiciel praticien (y compris l’assistant de consultation), les services personnalisés (aucune idée de ce que c'est) et le Compagnon de santé (application smartphone).
Les données utilisées sont :
- Les données de santé. J'imagine qu'une prescription, un résultat de dépistage ou une image médicale sont évidemment des données de santé.
- Les données d’habitude de vie. Ça, c'est tout ce que tu racontes à ton médecin en plus du problème spécifique pour lequel tu es venu le voir et c'est surtout toutes les putains d'informations que leur application fait remonter. Rien qu'avec une position GPS il est très simple de savoir, pour chaque utilisateur, la fréquence et la durée de passage dans des lieux qui représentent des points d'intérêt importants pour un "suivi de santé" (restaurants, bars, fast food, bureaux de tabac, salle de sport, piscine, nature, etc, etc, etc). Zéro lubrifiant mais ce genre de suivi est infiniment plus intrusif qu'une coloscopie. Et bien entendu, l'application ne se contente pas de la position GPS1.
- Les données démographiques.
Si tu as raté leur e-mail pendant que tu sirotais un verre avec tes potes cet été, il est un peu tard mais il n'est pas trop tard pour s'y opposer. Il suffit de remplir ce formulaire pour empêcher l'utilisation de toute donnée personnelle récoltée après la validation dudit formulaire. Si tu as pensé à remplir ce formulaire avant le mois d'août, bien joué, aucune de tes données personnelles ou de santé n'iront alimenter le générateur de contenus artificiel de Doctolib.
1 : Non mais sérieux. À quel moment une application médicale à besoin d'accéder à tes photos, tes vidéos et à l'intrégralité des fichiers que tu as stocké sur ton téléphone ? On appréciera aussi les quelques données qui sont collectées dans le but d'être revendues (bien évidemment la position GPS en fait partie).






